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Où est passée la septième compagnie ?

Etait-il possible de mieux anticiper, et donc de mieux gérer la pandémie du Covid-19 ?

Galilée : Je vous le dis, celui qui ne connaît pas la vérité, celui-là n’est qu’un imbécile. Mais qui, la connaissant, la nomme mensonge, celui-là est un criminel. Bertolt Brecht, La Vie de Galilée, 1936.

Alertes méconnues.

- 17 mars 2003, rapport de mission sur le bioterrorisme, remis au ministère de la santé, par le Professeur Didier Raoult :

Il y a toujours un risque considérable d’apparition de nouveaux pathogènes qui, compte tenu de la fréquence des voyages et de la globalisation, seraient rapidement mutualisés dans le monde entier. Les zones de prédilection, dans lesquelles on peut redouter l’apparition de ces infections, sont les zones très denses en population, en particulier les mégapoles du Tiers Monde en Afrique, en Amérique du Sud et surtout en Asie.[1]

-  Septembre 2005, sous la présidence d’Obama, 25 experts de la CIA remettent au National Intelligence Council, centre de réflexion stratégique, un rapport circonstancié prévoyant l’arrivée dune pandémie, dont l’origine serait une mutation de « virus existants ». Ce rapport a été transmis à la France.

« une maladie respiratoire, virulente, extrêment contagieuse, [sans] traitement adéquat. […] La maladie pandémique se manifestera sans doute dans une forte densité de population, de grande proximité entre humains et animaux. »

- Juillet 2008, sous Sarkozy, le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale annonce le :

« le risque plausible (…) d’une pandémie massive à forte létalité dans les quinze années à venir. »

-  Avril 2013, le nouveau Livre blanc, préfacé par Hollande, est encore plus précis :

«  Le risque existe d’une nouvelle pandémie (…) hautement pathogène, résultant de l’émergence d’un nouveau virus qui aura franchi la barrière des experts ou qui aura échappé d’un laboratoire. »

-   Décembre 2017, nous pouvons lire dans la « Revue stratégique de défenses et de sécurité nationale » un article décrivant une fois encore, le

« risque d’émérgence d’un nouveau virus franchissant la barrière des espèces. »

- 29 janvier 2020, l’ancien secrétaire ancien secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, Louis Gautier, déclare : 

« Je ne comprends pas : pourquoi n’ont-ils pas encore déclenché le plan pandémie ? On perd un temps précieux ! »


Petite chronologie d’une rumeur assassine.


- 31 décembre 2019 : les autorités chinoises informent l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) que des patients touchés par le SRAS sont hospitalisés depuis mi-décembre. Cette déclaration fait suite à l’arrestation, pour propagation de rumeurs », de l’ophtalmologiste Li Wenliang le 30 décembre 2019, alors que les édiles de Wuhan avaient interdit aux médecins wuhanais de donner la moindre interview aux médias locaux [2].

- 7 janvier 2020. Mr Xu Jianguo, académicien de l'Académie d'ingénierie de Chine et des experts qui a dirigé une équipe d'évaluation des résultats des tests de détection de pathogènes déclare :  le coronavirus nouvellement détecté est différent de toutes les espèces de coronavirus humains déjà connues, y compris les virus qui avaient causé le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) et le MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient).

- 23 janvier 2020. Le « climatosceptique » professeur Didier Raoult déclare : "Si à chaque fois qu’il y a une maladie dans le monde, on se demande si on va avoir la même chose, ça devient complètement délirant"[3], Il relativise ainsi certains termes de son rapport. Le risque que le coronavirus chinois change les statistiques la mortalité française... est nul. Epidémies, vraies et fausses alertes. 20 mars 2020.


- 24 janvier. Agnès Buzyn, à la sortie du Conseil des ministres, : « Le risque d’importation depuis Wuhan est quasi nul, le risque de propagation du coronavirus dans la population est très faible » [4]. Ce même jour, l’Inserm estime que les risques d’importation du virus étaient évalués respectivement entre 5% et 13%.

- 25 janvier. L'agence Chine nouvelle annonce que Quatre-cent-cinquante médecins et autre personnel médical de l'Armée populaire de libération (APL) sont arrivés par avion à Wuhan (centre de la Chine) pour participer à la lutte contre le nouveau coronavirus.

- 7 mars 2020 – « Emmanuel Macron s'est rendu vendredi soir en compagnie de son épouse au théâtre (pour) inciter les Français à continuer de sortir malgré l'épidémie de coronavirus » [5]. 

- 10 mars 2020. Michel Cymes (spin doctor), interrogé par Yann Barthès, présentateur de l’émission du soir Quotidien sur TMC : Je suis médecin (...) Ça n’est pas une grippette, c’est pas un rhume. C’est une forme de grippe qui est un peu plus cognée que la grippe mais ça reste une maladie virale comme on en a tous les ans."

- 16 mars 2020. A 8 h 00, on dénombre, depuis le 24 janvier 2020, 5 423 cas de coronavirus COVID-19 confirmés et 127 décès depuis le début de l'épidémie. Toutefois, nous n'avons aucune information quant à la fiabilité des chiffres qui nous sont communiqués en France : nombre de personnes contaminées, nombre de décès. De plus, les modèles de croissance exponentielle ne correspondent étroitement à la réalité que lorsqu'on part d'un petit nombre de personnes infectées dans une grande population. En aucun cas, ils ne peuvent « dire » : restez chez vous [6] !

- 17 mars 2020, le docteur Agnès Buzyn, ex-ministre de la Santé confesse au Monde[7]:« J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. Je rongeais mon frein. »
Selon Challenges, d’après les sources concordantes de l’AFP, elle aurait même plaidé auprès du président de la République pour un report du premier tour [8].
Cette déclaration est confirmée par Edouard Philippe interrogé le soir même. dans le journal télévisé de France 2.

- 20 mars 2020. Le président de la République adresse ses félicitations ironiques à « celles et ceux qui avaient prévu tous les éléments de la crise une fois qu'elle a eu lieu » [9].

- 20 mars 2020. Didier Raoult insiste, dans Epidémies, vraies et fausses alertes.  : " Le risque que le coronavirus chinois change les statistiques la mortalité française... est nul ".

 
7 avril 2020

Post-scriptum : 
 
La partie historique est incomplète. Elle ne remonte pas à la source du problème. A savoir le capitalisme et sa débilité constitutive (crise de la valeur) et la floraison du capitalisme transnational suscitant la décomposition des États-nations. Elle fait même silence sur la fermeture des urgences et des maternités, au nom d’un intérêt général circonscrit à une règle comptable.
 
 
 

[1]https://medecine.univ-amu.fr/sites/medecine.univ-amu.fr/files/mission_bioterrorisme_raoult.pdf
[2]https://www.franceculture.fr/societe/covid-19-ces-lanceurs-dalerte-menaces-pour-avoir-dit-la-verite-sur-la-pandemie
[3]https://www.mediterranee-infection.com/coronavirus-en-chine-doit-on-se-sentir-concerne/
[4] https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/coronavirus-agnes-buzyn-a-t-elle-sous-estime-le-risque-de-propagation-en-france_3851495.html.
[5]https://people.bfmtv.com/actualite-people/emmanuel-et-brigitte-macron-au-theatre-pour-inciter-les-francais-a-sortir-malgre-le-coronavirus-1870852.html[6] https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/mathematiques/covid-19-une-croissance-exponentielle_142539
[7](https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/03/18/coronavirus-la-confession-d-agnes-buzyn-suscite-une-double-polemique_6033469_823448.html)
[8] https://www.challenges.fr/politique/pour-agnes-buzyn-les-municipales-ont-ete-une-mascarade-au-regard-du-coronavirus_703063 
[9] https://www.marianne.net/politique/je-felicite-ceux-qui-avaient-prevu-la-pandemie-une-fois-qu-elle-eu-lieu-le-scud-peine

Que répondre à celles et ceux qui prétendent que le coronavirus serait une arme biologique dirigée contre l’économie chinoise ?

   Il est toujours difficile d’admettre qu’une épidémie puisse être le résultat d’une simple contingence naturelle.

    En décembre 2019, dans la ville de Wuhan, en Chine, une épidémie de pneumonie de type coronavirus, a été détectée. Ce virus appartient à une famille responsable de nombreuses maladies chez les animaux, dont une pneumonie du porc. Cliniquement, il se définit chez l’homme par un syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), une maladie des voies respiratoires inférieures qui a été signalée pour la première fois fin 2002 dans la province de Guangdong, en Chine, Etat dictatorial et opaque. L'émergence du SRAS-CoV dans la population humaine constitue un exemple concret de virus à ARN utilisant ses capacités moléculaires pour modifier sa gamme d'hôtes. La maladie est fortement contagieuse et une de ses caractéristiques est la rapidité de sa dissémination par voie aérienne..Les coronavirus sont connus pour avoir un taux de mutation élevé pendant la réplication et sont sujets à la recombinaison si différents virus infectent le même individu.

    Le marché local des « animaux vivants » (wet markets) de la ville de Wuhan, comptant près de 11 millions d'habitants, semble être le point d'origine de l'épidémie du COVID-19, en décembre dernier. Les animaux, vivants les uns sur les autres dans leurs excréments mélangés, sont abattus à la demande du chaland, malgré l’illégalité de leur venteLe 2 janvier 2020, ce marché a immédiatement fermé sans que l’on ait recherché l’origine de la contamination parmi les espèces animales vendues, alors que l’on connaissait le rôle important joué par ces marchés dans l’épidémie du Sras.

    Selon Chine Nouvelle, l'agence de presse officielle du gouvernement de la République populaire de Chine, une analyse de 1000 échantillons de séquences de virus prélevés sur des pangolins a permis de mettre en évidence une similitude génomique de 99% entre ces derniers et les virus retrouvés sur des humains atteints de COVID-19 .

   Pour l’institut Pasteur à Paris, qui a réalisé le séquençage complet du génome du coronavirus, les différents génomes analysés dans le monde présentent peu de diversité. Le virus n’a donc pas eu besoin de muter pour s’adapter et se propager .

    Les datations moléculaires (1) estimées à partir des séquences génomiques du SARS-CoV-2 indiquent plutôt une origine en novembre qu’en décembre comme le prétend la Chine. On est donc en droit de s’interroger sur le lien entre cette épidémie Covid-19 et la faune sauvage. De plus, le virus humain SRAS-CoV-2, responsable de la flambée de COVID-19, ne provient pas directement des pangolins (2) . Le virus isolé chez le pangolin présente bien 99 % d’identité avec le SARS-Cov-2. Dans la même région, le virus RaTG13 isolé chez la chauve-souris R. affinis est quant à lui très divergent (77 %). Cela suggère que le virus SARS-Cov-2 est issu d’une recombinaison entre deux virus différents, l’un proche de RaTG13 et l’autre plus proche de celui du pangolin. En d’autres termes, il s’agit d’une chimère entre deux virus préexistants (3) . 

Toutefois, une autre hypothèse permet de suspecter une contamination directe de l’Homme à partir de la chauve-souris à la suite d’une recombinaison d’un Sarsr-CoV présent chez l’animal. La recombinaison pourrait avoir eu lieu au niveau de la protéine S (dénommée « spike » du fait de sa forme en pointe).

    Face à ce syndrome respiratoire aigu sévère (différent du SRAS), il n'existe aucun vaccin et les traitements ne concernent que les symptômes et non la maladie elle-même.
Il existe donc une grande incertitude quant aux caractéristiques de ce virus. 

8 vril 2020

1 - comparaison de séquences d’ADN et de protéines chez les espèces vivantes

2 - https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/jmv.25731

3 - https://jvi.asm.org/content/84/7/3134